Esta extraña obsesión por los objetos

Apuntes de un diario inexistente

“Inmortalizar el momento”, una frase utilizada en publicidad de servicios de impresiones de fotos, o de venta de cámaras. Hablo de la época en la que teníamos que tener un objeto para tomar una foto. En la que teníamos que pensar qué fotos tomar porque el rollo era limitado, cuando no había una nube capaz de agrandarse si pagamos un mejor plan de almacenamiento. Esos días en los que los momentos especiales o convenciones sociales exigían una muestra de existencia, un “esto ocurrió”. Preferiblemente eventos felices porque para los tristes pareciera ser suficiente el mero recuerdo caprichoso que nos visita cuando lo desea, pero no la imagen. Teníamos que esperar a ver lo que habíamos fotografiado. La fotografía era en sí misma un recuerdo. Siempre. Claro que habían las instantáneas, que antecedieron a lo que vino después: la necesidad de reconocernos inmediatamente en el sentimiento que estamos viviendo. Un selfie, una foto del momento y visualizarla para así convertir el instante en algo real, tangible, inmortal.

Nos gusta vernos a nosotros mismos porque de esta manera afirmamos el ahora. Sin embargo, el día a día se nos escapa de los dedos y no lo documentamos. Están los que tienen un proyecto profesional, las madres y los padres bajo el hechizo del hijo, o los que tienen una mascota, u otra obsesión y llenan el carrete del iPhone con más de 2000 fotos del mismo tema. No hablo de esas personas ni de esa cotidianidad. Me refiero a la rutina mecánica que gira sus engranajes todos los días de la misma manera. A la ventana que siempre vemos, a la planta que tenemos en el mismo lugar desde hace años, a la cafetera que hace el café siempre de la misma manera, al señor que nos vende el pan, a la parada de bus, a la persona que duerme a nuestro lado, etc. No pensamos en la fugacidad de las cosas porque si lo hiciéramos, no sabríamos disfrutarlo, dicen algunos. Que si lo hacemos, no podríamos vivir sin sufrimiento, dicen otros. Quizás es cierto.

Desde que vivo en este apartamento, cada día ha sido un asombro, un nuevo suspiro al ver la ventana, un nuevo “no me lo creo”. Cada visita a la señora donde compro el vino, o al carnicero, mientras el mismo hombre canta canciones clichés francesas aunque no haya turistas – lo cual me hace pensar que lo hace más por él que por los otros – es un “qué increíble puede ser esta ciudad”. Tengo fotos de cuando nos mudamos y no había nada, de cuando lo fuimos cambiando, de cada objeto, de cada planta. No las tomé pensando en tener un registro de los cambios o recuerdos para el futuro, las tomé en una inocente intención de capsular la paz que sentía, la alegría y el amor.

Toda mudanza siempre trae movimientos telúricos que conjuran la tristeza de lo que se deja y lo nuevo que viene. Cuando el porvenir inmediato ha sido tejido con ilusión, el temblor es menos profundo a cuando se deja una certeza para entrar en la desconocida red de nuestras sombras. Desmantelar un apartamento de a dos es un proceso de excavación doloroso. Como si decidiendo con qué objeto quedarse estuviéramos decidiendo qué memoria guardar. Este plato que compramos en Poitiers o la alfombra que cargamos desde Capadocia, y los cubiertos de bistro que le compramos a un cubano instalado en París, o la mesita de la sala que cargamos bajo la lluvia hasta que nos montamos en un bus creyendo tener refugio y encontrándonos con una batalla de coches de niños y gente bastante malhumorada.

Los objetos, cuencos contenedores de memorias. Catalizadores de historias. Mi relación materialista con ellos se explica por mi obsesión con los recuerdos. El objeto se transforma en el medio para invocar una vivencia y así revivirla. Su existencia no depende de mí pero su significado sí. Anclo entonces mi capacidad de recordar a algo visual : una postal, una foto, un objeto tomado de un viaje, un animal moldeado de arcilla por un refugiado en Calais, el ángel tallado por algún artesano en Mérida, un búho de cristal que decoraba la sala de estar de mi abuela, una árbol metálico regalo de mi padre, un origami en su cúpula, signo de libertad y encierro. Arqueología de la vida, tótems. En ellos encapsulo el tiempo, en mí lo hago remembranza.

22.02.2021

Cette étrange obsession pour les objets

Version française (sans corriger)

Immortaliser le moment, une phrase souvent utilisée dans la publicité des services d’impressions des photos, ou de vente d’appareils de photo. Je parle de l’époque où on avait besoin d’un “appareil” pour prendre une photo. Où on devait bien réfléchir avant de prendre une photo, car la pellicule n’était pas illimitée, une époque où on ne disposait pas d’un nuage (cloud) avec la capacité de grandir si on payait pour plus de stockage. Je parle des jours dans lesquels les moments importants, ou les “conventions sociales” demandaient une preuve d’existence, un message “cela a eu lieu”. Préférablement des événements heureux, car pour les tristes la visite sans prévenir du souvenir capricieux nous suffit, nous n’avons pas besoin d’une image de cela. À cette époque, on devait attendre pour découvrir ce que nous avions photographié. La photographie était en soi-même, un souvenir. Toujours. Certes, il y avait les instantanées, prédécesseures a ce qui est arrivé plus tard : le besoin de nous reconnaître immédiatement dans le sentiment que nous expérimentons. Un selfie, une photo du moment et la visualiser pour ainsi convertir l’instant en réalité, tangible, immortel. Nous aimons nous regarder dans les photos, car de cette façon nous réaffirmons le présent. Cependant, au jour le jour s’échappe de nos doigts et nous ne le documentons pas. Il y a ceux qui ont un projet professionnel, les mères et les pères sous le charme de leur enfant, ou ceux qui ont un animal de compagnie, ou une obsession et qui remplissent leur portable avec plus de 2000 photos sur la même thématique. Je ne parle pas de ces personnes, ni de cette quotidienneté. Je fais allusion à la routine mécanique qui tourne ses engrenages tous les jours de la même façon. À la fenêtre à travers laquelle on observe, à la plante que nous avons dans le même endroit depuis des années, au monsieur qui nous vend le pain, à l’arrêt du bus, à la personne qui dort à notre côté. Nous ne pensons pas à la fugacité des choses, car si on le faisait, on ne pourrait pas y en profiter, dissent certains. Car si on le faisait, nous ne pourrions pas vivre sans souffrance, dissent les autres. Peut-être, c’est vrai.

Depuis que j’habite dans cet appartement, chaque jour a été une surprise, un nouveau soupir en regardant par la fenêtre, un nouveau “je ne me le crois pas”. Chaque visite chez la dame qui vend les vins, ou à la boucherie, pendant que le chanteur chant les chansons françaises clichées même s’il n’y a pas de touristes (ce qui nous fait penser qu’il le fait pour son propre plaisir et pas pour faire plaisir aux autres), c’est une “cette ville est incroyable”. J’ai des photos de quand nous avons déménagé et l’espace était à moitié-vide, des changements faits, de chaque objet, de chaque plante qui s’ajoutait à la collection. Je ne les ai pas prises avec l’intention de faire un registre des changements ou pour avoir des souvenirs dans le futur, mais plutôt avec la naïveté d’encapsuler la paix, le bonheur et l’amour.

Tout déménagement provoque toujours des mouvements telluriques qui regroupent la tristesse laissé derrière nous et l’avenir. Quand le futur immédiat a été tissé avec de l’illusion, le tremblement de terre est moins fort à quand on laisse derrière nous une certitude pour rentrer dans le filet de nos ombres. Démonter un appartement de deux est un processus d’excavation douloureux. Comme si on choisissant l’objet à garder on choisissait aussi quel souvenir reste avec nous. Cette assiette que nous avons acheté à Poitiers, ou le tapis que nous avons porté depuis la Cappadoce, et les couverts de bistro achetés à un cubain résident à Paris, ou la table basse que nous avons porté sur les bras sous la pluie jusqu’à avoir trouvé un bus pour prendre refuge pour nous retrouver entre les poussettes et les mamans désespérées.

Les objets, des bols contenant des mémoires. Catalyseurs des histoires. Ma relation matérialiste avec eux s’explique par mon obsession avec les souvenirs. L’objet se transforme en moyen pour invoquer une expérience de vie et la revivre. Son existence ne dépend pas de moi mais la signification donnée, oui. Je fais ancrer ma capacité de me rappeler des événements à une chose visuelle : une carte postale, une photo, un objet acheté dans un voyage, un animal modelé en argile par une réfugié à Calais, l’ange en bois fait par un artisan à Merida, une chouette en cristal du salon de ma grand-mère, un arbre métallique offert par mon père, un origami dans une sphère représentant la liberté et l’enfermement. Archéologie de la vie, tótems. En eux j’encapsule le temps, en moi je leur fais souvenir.

“Ne vous inquiétez pas, Madame, je transférerai votre dossier”. Ou une histoire de désamour avec l’administration française

 

Friday, 19 June 1998.

© Guy Le Querrec/Magnum Photos

– Désolée, madame, il dit que ça ne va pas passer. 

– Ça veut dire quoi exactement ?

– Que deux personnes ne peuvent pas avoir une vie de couple si elles habitent dans des pays différents. 

– Madame, on est au 21ème siècle. 

– Oui, je comprends très bien madame mais s’il a dit ça c’est parce qu’il a ses raisons. 

Il, c’est une personne sans nom, un homme. C’est plutôt un bras, ou la moitié d’un bras. Depuis la chaise où je suis assise je vois son bureau et son bras. C’est qui lui ? Cet homme qui a ses raisons ? Est-ce qu’il a un nom ? Pour moi c’est l’homme qui, sans m’avoir parlé, a décidé que mon dossier de demande du titre de vie privée et familiale ne passera pas. Le messager, une dame dans sa cinquantaine. Je vois dans ses mouvements la représentation d’une administration rigide, dont le temps a gagné la course. Elle révise chaque document minutieusement, elle explique  sur une feuille le contenu de chaque page, après l’avoir numérotée. “Passeport, expédié à Caracas, date d’expiration 22 juillet 2019, annexe à celui-ci la vignette qui prolonge sa validité jusqu’au 9 mai 2021”. Le rythme de sa calligraphie fait augmenter mon angoisse. A chaque boucle du F, ou du L, ou la courbe du numéro 9, je prends une profonde respiration imaginaire. Je commence à penser aux défis de la dématérialisation des démarches administratives, aux difficultés de sa mise en place, je m’envole dans mes pensées jusqu’au point final du paragraphe que la dame venait de finir m’alerte de l’atterrissage.

– Ne vous inquiétez pas madame, je vais transférer votre dossier au département des professions libérales. Voici votre convocation pour septembre. Elle me donne le papier intitulé CONVOCATION avec l’heure du RDV écrit à la main. Elle n’a pas demandé si c’était cela que je voulais faire. 

On était en juillet et c’était déjà mon deuxième RDV pour le titre de VPF. Le premier RDV avait eu lieu en avril. A et moi nous sommes présentés avec les pièces à fournir indiquées dans le site web de la préfecture. Nous avions lu des blogs et des forums concernant la demande de ce titre. Nous étions préparés avec des documents qui montraient notre vie commune depuis plus de deux ans : billets des vols, factures, courrier à la même adresse, entre autres. 

Cette fois-ci notre interlocuteur a été un homme mais aussi dans sa cinquantaine. Il y avait des pièces qu’il n’a pas accepté même si elles étaient dans la liste, et vice-versa. Mon espoir de réussir s’effaçait avec chaque regard qu’il donnait à mes documents. En scrutant mon passeport, il annonce : 

– Madame il vous faut un nouveau passeport

– Oui, tout à fait mais j’ai fait la demande en janvier et je suis encore dans l’attente. 

– Et cela prend combien de temps ? 

– Je ne sais pas

Je lui ai fourni une lettre du consulat vénézuélien en expliquant que j’avais entamé la démarche pour avoir la vignette depuis janvier et que celle-ci était en cours de réalisation. Difficile d’expliquer au Monsieur que mon pays est un État failli et que la migration vénézuélienne est la pire dans l’histoire de l’Amérique Latine, avec presque 4 millions de personnes en situation d’exil dans le continent dont beaucoup sans accès à un passeport. J’aurais aimé pouvoir avoir une réponse à sa question, naïve et presque insolente. 

– Vous n’avez pas suffisamment de preuves de vie ensemble.

Il s’en va et reviens avec un document à nous faire signer comme quoi nous déclarons sur l’honneur que cela fait plus d’un an que nous sommes ensemble

– Je vous convoque pour juillet, on n’aura pas besoin de votre présence, Monsieur [en parlant à A]. Il échangeait avec nous en discutant avec sa collègue de la personne qui venait de passer au guichet à côté du nôtre. Ils se moquaient de son accent.

On sort de ce RDV avec un récépissé qui prolongeait mon titre expiré en décembre passé jusqu’en juillet, et une convocation pour revenir dans 4 mois. 

Entre temps, A a trouvé une mission de 2 ans en Turquie et il est parti. 

Le 4 juillet, l’administration m’a demandé des documents qui n’étaient pas “pertinents” selon l’administrateur qui m’avait reçu en avril, et refusait d’utiliser la photo que j’avais déjà donnée lors du dernier RDV. 

Le 4 juillet, les problèmes n’étaient pas les pièces fournies, non plus mon passeport, mais qu’A habitait à l’étranger. Comme si, avec ma situation légale en France, nous aurions pu déménager ensemble. Comme si une décision aussi personnelle de continuer notre relation à distance devrait affecter mon séjour ici ou effacerait tous les autres liens que j’ai avec la France. 

Le 4 juillet j’étais rassurée que mon dossier serait transféré mais c’était à moi de demander un récépissé et éviter de partir de la préfecture sans rien. 

Le 4 juillet la demande n’est pas passée mais je n’ai pas reçu non plus un refus de demande (pour avoir le droit de passer en commission de révision) et je n’ai pas eu non plus l’opportunité de lui parler. 

Le 4 juillet, personne m’a demandé quelle était ma profession libérale et j’étais tellement stressée que je l’ai laissé passer. 

Le 4 juillet n’était pas différent de tous les autres RDV précédents. Certes, j’aurais pu m’exprimer, je parle français mais lors de ce contexte, cela me sert seulement à comprendre les mots de la personne qui me parle mais pas à me défendre. Je suis partie de la Préfecture avec le sentiment que malgré tout ce que j’ai accompli ici, ma vie en France était temporaire. Le 4 juillet je me suis sentie doublement sans patrie (devrait-je dire, apatride ?).  

Cela fait 5 ans que j’habite en France et 8 ans depuis la première fois que j’ai vécu à Paris. Je suis venue pour faire un Master à Sciences Po Paris. Une fois diplômée, après avoir travaillé dans une ONG internationale, j’ai fondé une association reconnue d’intérêt général et je dédie ma vie à faire de notre société un endroit plus inclusif où l’éducation des personnes réfugiées soit valorisée. Depuis 2018 nous avons accompagné et orienté plus de 150 personnes à reprendre leurs études. Je suis invitée aux conférences à l’étranger où je suis parfois la seule “représentante” de la France car l’association est française. Je partage ma vie avec un français, j’ai construit grande partie de mes projets professionnels et personnels à Paris, je paye mensuellement mes impôts et cotisations sociales, mais rien de tout cela est important car A et moi habitons dans des pays différents. Selon l’administration française, nous sommes pacsés mais la distance efface tout droit à avoir un titre pour être la partenaire d’un citoyen français.

En sortant de l’UE pour aller en Turquie j’ai dû expliquer au monsieur de contrôle des frontières à Munich que mon passeport n’était pas expiré (qu’il fallait lire la vignette qui prolonge sa validité) et que mon titre en France est un carte expirée avec un récépissé valable jusqu’à  octobre.

J’aurais aimé lui dire que ma vie en France n’est pas temporaire, que pendant je fais de Paris ma ville d’accueil, la mienne se vide chaque mois un peu plus.

Je n’ai pas eu besoin de le faire car en regardant mes documents il m’a dit “It is ok, you don’t need a stamp because you are a French resident”. 

Sans le savoir, ce policier allemand avait prononcé avec un ton naturel, les mots, qu’avec impatience, j’attends depuis décembre. 

 

CRA
Paris, 03 septembre 2019 

Tierra Nullius

 

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Como si por cada cuerda destilara el dolor que nos une de lejos, y de cerca. A los que nos fuimos y a los que se quedaron. Este ritmo que hoy decimos país nos danza la tristeza, teje la nostalgia con la cual nos arropamos las mañanas en las que el sol no entra por la ventana y el gris se hace sol. Tantos jóvenes muertos y tantos más los días cuyo destino sea la incertidumbre de un aula vacía, y la certeza de una bala. Cada instrumento en escena nos lleva a un recuerdo. La memoria de una infancia, familiares en otras orillas, sabores perdidos entre las nuevas especies y hierbas que condimentan nuestra comida.

Terra Nullius nuestro país, que es de todos pero no es de nadie.
Terra Nullius la morgue donde yacen compilados los cadáveres.
Terra Nullius el fozo donde los hermanitos entierran al bebé que muere de desnutrición.Ella, valiente, nos dice que el concierto es un homenaje a ellos, entre los cuales está su prima, Victoria, quien murió de cáncer sin poder recibir medicamentos. Murió porque un grupo decidió que el poder vale más que la vida. Ella, y todos los otros, se han ido porque tenemos un regimen que deja morir, y mata, a sus ciudadanos.

Desde esta sala, en la Cité Universitaire, me he transportado a Cumaná, a mis vacaciones en Acarigua, a un país que cada día siento que me pertenece menos y que por esa misma razón, lo recuerdo más. El país, nuestras raíces, emana, agua que corre entre los dedos, del arpa, de las maracas y de las cuatro cuerdas que resuenan esta casa interior.

Chaque accord nous donne les nuances de la souffrance qui nous réunis, à ceux qui ont décidé de partir, et ceux qui sont restés. Ce rythme, que ce soir nous appelons pays, fait dancer la tristesse, et entrelace les fils de la nostalgie avec lesquels nous nous couvrons les matins où le soleil est remplacé par des nuages. Tant de jeunes morts et d’autant plus de jours dont le destin est l’incertitude d’une salle de cours vide, et la certitude d’un bal. Chaque instrument en scène nous amène à un souvenir. Les souvenirs de notre enfance, la famille lointaine, les saveurs introuvables.

Terra Nullius notre pays, qui appartient à tous mais à personne.
Terra Nullius la morgue où se trouvent les cadavres empilés.
Terra Nullius l’abime où les frères enterrent le bébé mort par la famine.

Elle, courageuse, nous dit que le concert est en leur hommage. En particulier à sa cousine, Victoria, qui est morte à cause du cancer sans avoir pu accéder au traitement. Morte parce qu’un groupe a décidé que le pouvoir vaut plus que la vie elle-même. Elle, et tous les autres, nous ont quittés à cause d’un régime qui laisse mourir, et tue ses citoyens.

Depuis cette salle, à la Cité Universitaire, je me suis transportée à Cumaná, à l’époque de mes vacances en Acarigua. J’ai voyagé à un pays que je sens ne plus m’appartenir et, pour cette même raison, j’y pense avec plus d’intensité. Ce pays, nos racines, sont l’eau qui passe entre les doigts. Il découle de l’harpe, des maracas et des quatre cordes qui résonnent cette maison intérieure.

Dans la Rue du Commerce

dans la rue du commerce

il y a des gens pressés, leurs pas déjà en retard

et d’autres sans la pression de l’heure

il y a des hommes qui parlent au téléphone en disant “je le ferai à toute à l’heure”

il y a des femmes qui parlent au téléphone en suppliant “attends-moi, je suis en chemin”

il y en a qui demandent de l’argent mais que dissent d’abord “bonjjjouuur, Ma-a-a-dame”

il y a une dame qui est toujours perdue et qui tente sa chance à différents points de la rue sans trouver des yeux qui la regardent

il y a des fruits triés par couleurs et des ananas coupés par leurs moitiés verticales

il y a de caisses de fruits avec “la violette” écrit dessus

il y a une église qui attend les croyants et des escaliers qui reçoivent le froid que s’en va

il y a la solitude dans les chaussures d’une veuille dame: G pour gauche et D pour droite écrit en crayon noir

il y a un tabac où les gens achètent des cigarettes sans marque, tous les paquets uniformes en vert militaire

il y a un restaurant avec une façade bleu que vend des fruits de mer et une lasagne de saumon que je n’ai jamais gouté

Il y a une fromagerie en deuil parce que le bébé des propriétaires est né mort

Il y une boucherie que vend des andouillettes et du carpaccio à 2,30 euros.

il y a une magasin que vend des slips marque “Arthur”

il y a des spring rolls parfaitement arrangés dans le traiteur “asiatique” et la question flottante “est-ce que tout la nourriture asiatique c’est pareille ?”

dans la coin, à gauche, il y a les rayons du soleil qui me frappent aussi fort que les bras du clochard qui demande une petite pièce

et toute droit

un arbre mort

qui ne va jamais sentir la vie s’épanouir de ses branches.

Yo también doy mi palabra. Impresiones libres e inexactas sobre el pabellón de Venezuela en la Bienal de Venecia 2015.

 

Fotografías: Marco Bell. Venecia, mayo, 2015.

[Según Morella Jurado, directora del Instituto de las Artes de la Imagen y el Espacio (Iartes): “Vamos a dar nuestra palabra al mundo de que somos un territorio de paz”].

[Trabajamos con la descolonización, con el tema indígena, no desde lo arqueológico, sino reivindicando a los pueblos, sus saberes, para no permitir que se destruya su herencia”, Morella Jurado]

[“Se trata de la rebelión de los pueblos del sur, de los desdentados, desposeídos, las mujeres, que hacen frente a ese poder hegemónico que se quiere apropiar, expoliar nuestras culturas, cuerpos y territorios” Argelia Bravo]

[“Denuncia contra el machismo, contra la contaminación y a favor de la ecología” Efe Óscar Sotillo Meneses, comisario del pabellón]

 

Venezuela fue el primer país sudamericano en construir un pabellón en la Bienal de Venecia, cuya primera edición data de 1895. Se terminó de construir en 1956, bajo la dictadura de Marcos Pérez Jiménez. Estuvo a cargo de Carlos Scarpa, arquitecto italiano y amigo de Graziano Gasparini, quien fue, a su vez, el artífice de la inclusión de Venezuela en el “Giardini de la Biennale”, centro donde se ubican los 30 pabellones nacionales permanentes. Venezuela, quedó, para siempre, entre Rusia y Suiza.

En 2015, visité por primera vez Venecia, por primera vez Italia, y por primera vez la Bienal, la cual se presentaba como el máximo atractivo del viaje.

Comienza la visita a nuestro pabellón: una canoa en la entrada, al aire libre, una pared roja de fondo y letras negras que decían “Te doy mi palabra”. Las paredes del jardín estaban cubiertas con líneas tricolor que nacían de la embarcación y terminaban en algunos versos de Gustavo Pereira, escritor del preámbulo de nuestra maltratada Constitución. La Venezuela que nace de la canoa, de nuestras raíces. Cuidado de equivocarse de qué raíces hablamos. Al entrar, a mano derecha, vendían en una mesita posters de una mujer encapuchada con senos de silicona dando de mamar a un bebé. Lo acompañan unas postales del blanco sobre blanco de Reverón. Había, también, un cuaderno para dejar impresiones y comentarios sobre el trabajo de los dos artistas exhibidos: Argelia Bravo y Félix Molina, pero solo llegué a leer un “Viva Chávez” y un “Comandante eterno”. ¿Quién dijo que esto era sobre arte? ¿Vive Chávez en la teta de silicona del poster que no voy a comprar? me pregunto.

Continúa el recorrido. Leo un texto sobre “la palabra”. Texto inconexo al resto de la exhibición, así como la canoa tatuada de patriotismo easy made. En medio de una oscuridad reinante, dos salas una al frente de la otra. Un video de calidad dudosa me muestra a tres mujeres sin rostros que detallar, encapuchadas. Son las madres que alimentan con su leche los hijos de la patria de Chávez, las nuevas generaciones. Himno nacional de fondo. Las madres de esa patria se me presentan como seres anónimos. Identidad irrelevante, inaccesible. No somos individuos, somos una sola masa, no hay voces, hay una voz. ¿no lo entienden?, imagino que me dicen.

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Se le presenta al visitante otro videoarte. En este caso tengo ante mí a una mujer con unas cucharas de madera. Tierra, nuestras raíces. No se equivoquen de cuáles raíces. La mujer venezolana, una vez más sin rostro visible. La leyenda reza “Virgen de la Cuchara”. ¿Es esta a la Virgen que le rezan las bocas hambrientas que esperan la llegada del pollo o la carne a los anaqueles vacíos? ¿O el café? ¿O la leche? Virgen de la Cuchara, a ti te rezo para que me alimentes con yuca y ñame. A ti te rezo para que aceleres la cola. A ti te rezo para que mi número de cédula trasmute y así pueda ir a comprar todos los días. A ti, Virgencita de la Cuchara, te rezo para que la soberanía de mi plato vacío no sea violada. Como patria, virgencita, como discurso, como palabra hueca. Como paz, pero solo la que ellos nombren.

  •  

En la sala continúa, varios videos. Los audífonos guindan, cuerpos caídos, rotos. Ante mis ojos, tres mujeres camufladas y con lentes de sol. Ramas y árboles salen de sus trajes. Toman papelón con limón. Nuestras raíces. El trío reivindicador de “las malezas” lee el comunicado en el que se pide el “restablecimiento del debido proceso de las plantas”. La FAO – que justo acaba de premiar al gobierno de Maduro por su loable gestión en materia de alimentación – es enemigo de los vegetales. “No queremos veneno en nuestros platos”, “pedimos por el cese de las hostilidades del exterminio de las hierbas y bombas tóxicas como pesticidas”. ¿Se dan cuenta de que se parodian a sí mismos?, me pregunto. Terminan gritando desenfrenadamente que “sí les importa un bledo”. Patria orgánica, patria bio.

Siguiente video: “Clase de cultura I dictada por una experta”.  Una niña – una vez más, encapuchada – hablando de las recetas de su abuela. Dice “el ñame es una verdura. La gente aquí no sabe porque lo que hacen es comprá’ y comprá’”. Sus ojos y boca nos cuentan “mi abuela abre el hueco y yo le echo la bromita. Dura 6 meses y nace una piñita”.  ¿Esta propuesta artística es realmente una lucha contra el machismo, como dice su autora?.

“¿Por qué será que hay tanta ignorancia?”

Somos el ñame, la yuca, la canoa de madera rayada de tricolor. ¿Somos eso y nada más? Reduccionismo absurdo.

No somos la violencia que deja huérfanos a niños, madres, padres, abuelos, o el hambre que mata al que no consigue qué comer, no somos tampoco el último modelo del teléfono que todos desean y algunos consiguen, ni la antena de DIRECTV que se ven en las casas en los cerros. No somos las colas en Bershka o Zara. Ni la Coca-Cola y pasta que es almuerzo y cena de tantos. Tampoco somos el secuestrador que se lleva hasta el cepillo de dientes y pelea con su cómplice para repartirse lo que se roban. Somos la raíz, el ocumo, la mujer virgen violada por la patria, madre, esa que no sale de la cocina y que siembra “bromitas” y no semillas. No somos la mujer que murió por ponerse unas tetas de silicona, ni la madre adolescente que le lleva 12 años a su hijo. Somos joropo, cuatro, plátano frito, yuca, pescado. ¿Cómo no aceptar que somos también muerte, odio, deseo, envidia, estética Miss Venezuela y colas en McDonalds luego de una marcha oficialista?.

Otro video: tres mujeres cantando María moñitos me convidó a comer plátano con arroz… La letra proyectada en idiomas diversos: ruso, inglés, etc. Las líneas que vienen del patio se extienden hasta escribir “casabe”. No lo podemos leer porque la sala está a oscuras. Mi amigo pide que prendan las luces para poder apreciar la “obra de arte”. Le dice a la guía de sala “mi amor, pero así no podemos apreciar esta maravilla”. Ella, obediente, prende las luces. ¿Y qué pasó con el montaje? ¿Y dónde está el trabajo de todos los profesionales que tenemos en el área? ¿Por qué descuidar los detalles? ¿Por qué esta estética de la mediocridad, lo hecho a medias, lo mal hecho?

Oscuro el lugar en el que me encuentro como venezolana que no se reconoce en una maría moñitos cantada por mujeres encapuchadas. Quiero rostros, quiero historias con nombres, quiero personas que me digan quiénes son, qué hacen, a donde van. Quiero individuos, no masas.

María moñitos tiene para mí la voz de mi bisabuela, quien siempre me la cantaba en casa luego de almorzar. Sí tenemos raíces comunes, sí queremos recordar y preservar la memoria de dónde venimos pero este discurso ideológico ha pintado nuestro pasado y el presente de un solo color, y pretende también, echar brochazos al futuro. Cambiar el recuerdo y la historia para los que nacen en un país sin puentes pero con muchas orillas e islas. En estos videos piden el cese de la “hipócrita persecución de las hierbas”, yo pido el cese de la hipócrita impostura de hacernos creer que somos solo algo, solo un lado, solo una raíz, solo la yuca que tiende la indígena para hacer casabe, solo el papelón con limón que toman las encapuchadas, solo la teta al aire para alimentar al bebé con leche rancia de patria muerta, solo eso o nada. O solo lo otro. Yo doy mi palabra de que somos, lo juro, todo esto y más. Aceptarlo es tarea pendiente para todos, quizás, incluso para mí misma.

Referencias:  http://www.vtv.gob.ve/articulos/2015/04/06/venezuela-asistira-a-la-bienal-de-venecia-bajo-el-lema-201cte-doy-mi-palabra201d-1139.html

http://www.eluniversal.com/arte-y-entretenimiento/150506/venezuela-mira-hacia-sus-origenes-indigenas-en-la-56-bienal-de-venecia

Beauty, a continuing present

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Cy Twombly

A mi tía Tamara.

Beauty can be found in the things less expected: In the harmony but also in the chaos. In a perfect circle but also in a doodle without specific form. Beauty is not a static concept. It has been extensively defined, explained, analyzed but at the end it can be resumed as that thing that makes us alive. The story we have from an experience, a souvenir that triggers our emotions, a very personal feeling – even if sometimes it involves groups. For Baudelaire it is something weird, for Stendhal it is the promise of happiness, for Kant all the things that provide universal pleasure. It can be superficial or profound, material or spiritual. Any of its forms makes our journey more enjoyable. For us, women, beauty canons have also become a pressure, and for some even a restriction to our total freedom. For others, it is the way to express our sensuality. In this opportunity I would like to talk about the time I discovered beauty in the way someone fought for her life.

My aunt Tamara got lung cancer. She was an electric engineer in times where that career was a rare option amongst women in Venezuela. She worked hard, she was always there for all my cousins and me (she didn’t have kids), and she was the strongest woman I had ever met. She did not ask us for help when she got sick but at some point she was not able to drive and she asked me to take her to her chemotherapies. I saw beauty in her tired eyes. In her tumbling hands. In her pink lipstick but also in her face without makeup. I found beauty in her bald head – that she never hid with a wig. I found beauty in the way she was fighting to be alive while at the same time was enjoying her present.

The clinic was in a building facing “El Avila”, the mountain that surrounds Caracas. Caracas, my hometown city is a valley. A valley that my grandmother tells me used to be very fresh and even cold. In the present, it is warmer and it is known for being the second most dangerous city in the world but if there is something that has not changed it is that beautiful mountain. That mountain gives each caraqueño the hope of a better future. It reminds us how lucky we are for being born in a country with such a generous and breathtaking nature. The clouds falling asleep and covering the top of the mountain give us the sense of belonging, the sense of humanity. The beauty that has not been created by the human being becomes a need, an escape, a recall for us to realize our place in this universe. That was the sight my aunt had each time that reddish liquid distanced her from death – or at least that is what she thought. Everyone knew her because she was always smiling and talking to people. She was the forewoman of a construction and she never stopped working. She was stubborn, she was enduring, she was someone who could repair everything at home without calling a technician or a plumber. She was the type of woman I want to be someday.

The day I got my first job interview my parents were not at home. I was in my last year of university and my country was going through political and social changes. In one year we were going to have primary elections and presidential elections. I got an offer to start working in the communication department of the campaign for the opposition. I did not know what to do. I needed advice. I called my aunt. I told her I still had courses at the university and I had to write my thesis and I was not sure it was a good idea to take the job. She told me I had to take it – she said it was a wonderful opportunity to earn experience. She gave me the confidence to take the challenge. I accepted and what at the beginning was going to be a short period work ended up being a one-and-a-half year job. We had two presidential elections in less than two years and one regional election. I learned about myself, about my priorities in life. I traveled throughout Venezuela and saw realities I was only aware of the newspapers or television. That changed my life and made me take further decisions such as pursuing my studies abroad.

My aunt died before I left Venezuela. Her mom – my grandmother – was at her side by the moment she left us. A few hours later my grandmother’s Alzheimer was taking revenge and did not allow her to remember my aunt was not alive anymore. I saw for the first time how the mind could vanish our memories. I experienced first hand the beauty of loss. The absence she left filled our lives. The idea of not having my aunt around made me believe she was always there. Without knowing it she became my role model. Her life and her death defined in a certain way who I am now. How I changed my concept of beauty, not seeing it only in what surrounds me but also in what is not there anymore. I started cherishing even more the blurry line between the sky and the sea that is so normal for people who live in the coast but that even today it takes my breath away. El Avila became that symbol of stillness, of peace. The picture I tend to imagine in my head when I feel sad, or weak.

Beauty, long defined, is that special ingredient that makes an experience, moment, and story worth to remember, to cherish, and to relive in our minds. Beauty is what triggers our soul and mind to be hopeful, to be creative, to be conscious, to be humans, to love and be loved. Beauty is a continuing present; a never-ending feeling that makes us believe in the magic of life.

 

Mots cachés

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Richard Kalvar, Paris, 1971.

 

I

La lune se cache entre les arbres nus, les branches la touchent en essayant de la traverser. Un touriste (ou peut-être pas) prend des photos avec un Rolleiflex. Il soutient son appareil photo avec la délicatesse de qui sait que dans ses mains est gardé le temps, de qui sait que dans cette machine, la vie s’arrête et continue seulement au moment où quelqu’un regarde les photos.

Le photographe est debout, il regarde tout, il attend. La photo se transforme en désir. Le moment est une invention et ses yeux en cherchent. Le touriste (ou peut-être pas) me regarde aussi, il n’a pas aperçu mes plumes noires. Il n’a pas vu que je suis prête pour le vol et que toute la ville est ma destination.

Je survole son instant. Je le laisse attendre la spontanéité créée. L’artifice. Le regard précis qui se pose sur les autres mais jamais sur moi. Personne ne veut se rencontrer dans le regard perdu de qui est toujours prête à s’évader.

 

 

 

Voz sin réplica (extractos)

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Trent Parke, Australia, 2001.

 

I

 

Ahí está él, hablando a lo que podría ser su sombra si la luz pegara perpendicular a su cuerpo. Palabras al aire sin más respuesta que el vaivén constante del metro y el chirrido de los rieles. No alcanzo a entender lo que dice. En mi indelicada tarea de observar, olvidando que otros ojos pueden interceptar los míos, lo veo. Me habla. Me dice que puedo extender mis pies debajo del asiento, respondo con un “gracias”. Me sonríe. Le sonrío. Por unos segundos su monólogo ha sido interrumpido. Por unos segundos, el mío también. ¿La diferencia? Las palabras me habitan sin necesidad de hacerlas sonido. Él, en cambio, es lo dicho y el solitario espacio de la voz sin réplica.

 

II

 

¿Puede realmente el otro saber qué decimos cuando las palabras son respuestas y no animus?
Cerrar los ojos. Aceptar que el día ha llegado al comienzo del siguiente y que no hay más minutos que gastar. Cerrar los ojos a sabiendas que la noche interna será agitada y que las formas querrán salir de la luna.

Tendida en la cama se sienten las horas muertas en los huesos, el crujir en cada pierna al ligero movimiento y la espera. Cerrar los ojos y cantar a lo oscuro pensando que, quizás no en esta noche pero sí en otra, habrá un cuerpo que me abrace.

Antídoto

Perter Maslow

Peter Marlow, Scotland, 1994.

Aquella tarde ella me pidió que le escribiera un poema que le curase el alma

unas líneas capaces de hilar los dos costados de la herida

el espacio entre cada indignación

la hora que se desliza entre dos pérdidas

 

Contrarrestar el olor de la muerte

Crear

un no-lugar refugio de la ruina, del derrumbe constante de los pasos

un instante: los segundos que tome a los párpados recorrer la hoja en búsqueda de palabras-alivio

 

Cada lectura

gota antídoto al dolor

perfora la superficie espesa del odio

 

Pequeño agujero

por el que entra la luna de día

 

La luz también sabe de tinieblas pero tranquila, le dije, mañana veremos el sol quemar la oscuridad de nuestros días.

 

 

A, con, y para mi prima Anita Ríos

Bajo agua

GB. England. Cornwall. 2010. Seascape near Falmouth.

Chris Steele-Perkins. England, 2010. 

 

 

Bajo agua

el concreto renuncia a lo firme

Los árboles humedecen sus tallos

un cuarto de su altura bajo la transparencia

La fisura nivela su quiebre en lo profundo

 

No hay pies que deban hundirse cuando se quiere avanzar

 

Días de lluvias

Silencio de duda

¿Tiene la nube en su revés un territorio que ilumine sin brisa?

Café, llamado a tierra, sequía y sol,

Danza interrumpida

¿Puede uno lavar su raíz?

¿Bautizar la piel con aguas de otras nubes?

 

Inquebrantable la semilla

 

Ligero el aroma de la primavera que posa su azul en el gris.