Mots cachés

Richard Kalvar_1971.jpg

Richard Kalvar, Paris, 1971.

 

I

La lune se cache entre les arbres nus, les branches la touchent en essayant de la traverser. Un touriste (ou peut-être pas) prend des photos avec un Rolleiflex. Il soutient son appareil photo avec la délicatesse de qui sait que dans ses mains est gardé le temps, de qui sait que dans cette machine, la vie s’arrête et continue seulement au moment où quelqu’un regarde les photos.

Le photographe est debout, il regarde tout, il attend. La photo se transforme en désir. Le moment est une invention et ses yeux en cherchent. Le touriste (ou peut-être pas) me regarde aussi, il n’a pas aperçu mes plumes noires. Il n’a pas vu que je suis prête pour le vol et que toute la ville est ma destination.

Je survole son instant. Je le laisse attendre la spontanéité créée. L’artifice. Le regard précis qui se pose sur les autres mais jamais sur moi. Personne ne veut se rencontrer dans le regard perdu de qui est toujours prête à s’évader.

 

 

 

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